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Coupable de ne pas être parfaite, coupable de ne pas me sentir à la
hauteur
- Coupable de manger sans respect de la nourriture, lors de crise de
boulimie , Le fait de devoir me soumettre à cette pulsion me
remplissait davantage de honte, de culpabilité et d’épuisement, moi
qui avait été tant volontaire dans la privation et la résistance.
- Coupable de ne plus parvenir à manger ( j’avais ce besoin absolu
de me purifier, de m’embellir, d’honorer la vie et ôtant la saleté
en moi)
- Coupable de mon corps, coupable de l’image que je renvoyais ( je
n’avais plus faim de rien, ni de nourriture, ni de pulsions, ni de
liens,….Seule la foi spirituelle me tenait)
- Coupable d’être une personne qui ne correspondait pas aux attentes
des autres et surtout aux attentes de ces parents,( chaque remarque,
chaque réflexion me tourmentaient, j’avais continuellement le
sentiment de décevoir)
- Coupable d’être sensible, de ressentir des choses, de voir des
vérités cachées…
- Coupable d’être couper de mes émotions. Rien ne me touchait,
j’étais parvenu à anesthésier la plais vivante que j’étais devenue
- Coupable de ne pas me sentir comme les autres, avec ma soif
d’idéal
- Coupable de ne pouvoir être en relation avec les autres, j’avais
trop peur d’eux, j’avis trop peur que l’on me refasse du mal, je ne
savais pas me défendre.
- Coupable d’être incapable de m’exprimer, de mettre en mots ce que
j’avais en maux. Je ne savais pas ce qui m’arrivait. Mon manque
d’estime et de confiance en moi m’empêchaient d’exprimer mes
ressentis. Je constatais que personne ne s’intéressait à ce que je
disais et en premier ma famille. Je n’étais pas écoutée. On ne me
connaissait pas.
- Coupable de ne pouvoir me laisser vivre comme tout le monde sans
me poser de questions.
- Coupable de ne pouvoir vivre dans ce monde mais à coté, de ne
pouvoir rentrer pleinement dans cette vie. J’avais trop peur que
l’on me fasse mal, et surtout je ne me sentais pas assez forte pour
contrer les attaques.
- Coupable de vivre, je ne trouvais pas ma place et faisais du mal à
mon entourage de ne pas rentrer dans leurs normes
- Coupable de vouloir mourir, moi qui désirais tant la vie.
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Honte que l’on découvre ce monstre en moi
- Honte de ne parvenir à résister
- Honte de ce que je faisais
- Honte d’être humiliée
Ces
sentiments de honte, de culpabilité et ces peurs m’ont fait plonger
dans une dépression, un silence et une solitude atroce.
Seule devant la mort, silence dans le calvaire, impuissance devant
l’horreur.
Trou noir, vide intérieur, voix culpabilisatrices, monde du mal,…..
Je suis alors tombée dans une dépendance psychique à la nourriture.
J’étais obsédée par elle. Je ne pensais qu’a manger et à me vider,
j’avais tellement peur de mourir. J’avais besoin de savoir que je
pouvais manger à tout moment.
Je niais ma maladie, surtout continuer à faire silence, pour ne pas
remettre en cause les fondations ébranlées.
Je me repliais totalement sur moi, ne sachant plus parler, plus
vivre comme les autres, je me sentais si honteuse, et différente…
Je me sentais constamment inférieur aux autres, aucune confiance en
moi, aucune estime de moi, aucuns repères de références pour me
comparer.
Je niais mon corps, mes ressentis, et mes émotions, trop difficile à
gérer pour moi, je ne trouvais aucune aide pour m’apprendre à les
apprivoiser, personne ne prenait du temps pour moi.
Je montrais aux autres un monstre : « avec les non-dits accumulés,
je suis un monstre et je vous le mon(s)tre ».
Toute ma psyché et mon corps est abîmée. Je n’avais plus faim de
rien.
L’anorexie apparaît inconsciemment comme une solution pour gérer les
milliers d’angoisses que l’on vit.
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Bonsoir Emma,
Ce n'est pas pour rien que j'ai adhéré à votre association.
Bien sur, depuis je vais mieux, beaucoup mieux mais je garde le
souvenir du temps pas si lointain ou mon corps pesait 37 kg. C'est à
cette époque que je vous ai rencontrée à l'hôpital de Saint-Claude
et déjà vous pestiez contre le fait d'avoir à me faire régulièrement
des prises de sang et vous me disiez « c'est d'autre chose dont vous
avez besoin ». Ca, je le savais très bien : tous ces vides en moi,
aussi bien affectif que moral m'ont entrainée vers un vide physique.
Pour imager , nous étions 3 en une : une qui voulait bien manger un
peu , une autre , la plus forte , qui refusait , et moi , écartelée
entre elles deux . L'enfer !
Si, pour aider quelqu’un, vous avez besoin de mon témoignage,
n'hésitez pas surtout. A présent, je peux parler, du moins, mettre
des mots sur cette souffrance infernale, tellement forte qu'elle
rend fou ! Car elle ne laisse aucun répit, présente à chaque
seconde, jour comme nuit. C'est tout un comportement qui change,
jusqu'à éprouver souffrance et répulsion à toucher un aliment même
en conserve. J'ai gardé le souvenir d'être au super marché devant
des rayons et ne pas pouvoir prendre quoi que ce soit en main car le
sentiment de dégout face " au sale " que représentait pour moi la
moindre victuaille était tellement puissant qu'il me laissait
incapable de surmonter le dégout.
Et l’autre, tous les autres ! Ils y sont allés sans s'en priver de
leurs jugements, questions, sourires sournois, conseils de tous
poils ..... Moi qui n’avais envie que de calme et de paix ..... moi
qui avais décidé de partir, quitter cette vie, ma vie dont la trame
n'était que souffrance ..... mais je dois avouer une jouissance
certaine à avoir une telle emprise sur mon corps physique. Ce
sentiment très pervers du reste, m'octroyait un véritable plaisir à
voir baisser régulièrement mon poids et saillir mes os, surtout ceux
de mon bassin. Voir les os de mon bassin me procurait une jouissance
très forte.
J'en parlerais des heures et des heures, c'est comme si d'en parler,
les mots me lavent ..... toujours ce sentiment de sale.
J'ai de bonnes thérapeutes, mais ce qui m'a sauvée, c'est l'amour de
Bernard, mon compagnon. Je l'ai rencontré à cette époque et malgré
ma demande de ne pas commencer la moindre relation entre nous, il a
catégoriquement refusé et a été très présent lors de cette dernière
hospitalisation et m'a acceptée telle que je suis. Ce n'est pas
évident tous les jours : je garde des séquelles de tout cela, mais
aujourd’hui, je pèse 60kg, j'accepte de peser 60 kg, j'aime ma vie
et j'aime vivre, j'aime mon corps, j'ai commencé à en prendre soin
et après avoir tant et tant donné, je m'octroie des plaisirs simples
mais qui m'émerveillent et me ravissent.
J'espère avoir la joie, le plaisir de vous revoir.
C'est certain, vous ne me reconnaitrez pas.
Bonne continuation.
Dominique.
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Plus jamais
Plus jamais ce sourire
Qui cache un corps martyr
Plus jamais ce sang
Plus jamais ces larmes acides
Plus jamais ce cœur qui se vide
Juste partir loin très loin à l’infini
Juste mourir loin très loin de l’agonie
Plus jamais tout ça
Juste Ana
Juste toi
Juste Moi.
Plus jamais de maladie
Plus jamais tout ce qui pourri
Dans nos viscères
Plus jamais cette nausée quotidienne
Qui me cloue à terre.
M’enfuir… partir pour ne plus jamais revenir
Là où la douleur, les nœuds et le passé, la peur de l’avenir
m’enchainent
Là où les barbelés de la haine font exploser ces veines.
Prisonnière et torturée dans mes nœuds.
Poupée sans yeux,
Les fils coupés, le cœur et les bras lacérés.
Plus jamais de viol,
Juste un ange qui s’envole
Plus toutes ces seringues sur le sol
Juste deux anges qui dorment au milieu
D'Anorchidea et au milieu d’Heroinorchidea.
Juste toi et moi.
Plus jamais leurs mots
Plus jamais nos maux
Plus jamais cette pute
Plus jamais cette lutte
Plus jamais cette maladie
Plus jamais ce qui putréfie
Plus jamais votre monde
Plus jamais ces plaies trop profondes
Plus jamais plus jamais plus jamais
J’ai les cartes d’Anor,
J’ai les cartes de ma mort
Dans ce jeu pathologique
Que les autres voient cinématographique
Dans ce jeu psychiatrique
Que les autres voient narcissique.
Suicide-Narcisse
Laissez-moi partir
Je vous en supplie
C’est le plus cadeau, pour lequel je prie
Je ne veux plus cette vie,
Je ne veux plus cette pute
Je ne veux plus cette lutte
Laissez-moi partir, arrêter de nourrir ce supplice
Laissez-moi mourir, je meurs déjà trop de ça.
Peu m’importe si sur l’échiquier
Les carreaux sont noirs ou blancs
J’aime tellement voir couler du sang.
J’ai les cartes de ma mort
J’ai les cartes d’Anor
Vous avez les cartes de votre vie
Je mets fin à la mienne comme j’en ai envie.
Angoisses….Angoisses….je sens monter l’angoisse
Si seulement elle pouvait me tuer vraiment…je n’en peux plus
De faire semblant... ils ne savent rien ceux qui m’adorent…
Il faut, il faut, il faut
Que j’en finisse... c’est moi qui doit encore pousser le vice à son
apogée
Vos Ordures et vos immondices m’étouffent
Ces Cendres et vos immondices m’avilissent.
Dans ce jeu pathologique
Que les autres voient comme cinématographique
Dans ce jeu psychiatrique
Que les autres voient comme narcissique
Moi j’ai les cartes d’Anor
J’ai les cartes de ma Mort
Je me tue…mais pas assez encore.
C’est encore trop... trop d’être là
En trop d’être là.
Insatiable de mort et de suicide
Vampirisant le mal… expirant le sale…
Je me tue mais pas assez encore
C’est encore trop d’être là
En trop d’être là…
Plus jamais plus jamais plus jamais cette peur
Juste mon heure
Juste ce suicide latent
Quand il est encore temps.
Moi, j’ai peur de vivre
Mes mots sont les derniers éclats de verre, qui
Pénètrent ma chair...
Mes maux sont les derniers éclats de verre qui éblouissent
Mon cimetière…
Cicatrice trop profonde
Je suis une lame de rasoir.
Le peu que vous ayez vu de ma chair
N’est que le témoignage de la vie, que j’ai mené jusqu’à présent.
Tu sais, il m’en a fallu du temps
Pour venir vers toi avec Ana.
Mais le temps passe sur nos vies,
Il les consume
Il les trucide… comme moi
Qui suis trop en une.
J’ai toujours refusé ce monde
Comme je refuse mon corps
J’ai toujours refusé ce contrat
Maudit avec la vie
Ce pacte avec l’espoir.
Ma douleur vient de bien plus loin,
Du plus profond de mon ventre abyssal.
Ma douleur est un ange sans ailes
Aux orbites vides.
J’erre, seule, engloutie par la brume d’un autre monde,
Avec les lois écrites avec le sang d’Ana.
Au-delà de ces inaccessibles frontières.
Aveuglée par mes larmes lunaires,
Bouffée par mes angoisses qui dévorent
A chaque seconde mon frein
Je n’ai plus faim de rien….
A chaque respiration
Des spasmes me condamnent
Encore un peu … et plus rien…
Toi, ma sœur
Toi, ma peur
Toi, ma sœur, ma maladie
Toi, ma sœur qui crève en silence
Dans ton lit.
Toi, tu connais la guillotine,
Et cette pute qui t’assassine.
Poupée… au cœur… rouillé…
Je suis rongée… souillée
Et mon ressort vital est brisé
Aude GORCE
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